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Relance
du centre culturel de rencontre de Ferney
Projet
Culturel
Modalités
et structures
Le
conseil d'administration et l'assemblée générale,
lors
de leurs réunions du 28 octobre 2002
ont
adopté ce texte à l'unanimité,
en
souhaitant que l'accent soit mis sur :
n
la mise en place des trois piliers (mémoire, création, accueil)
dans
l'optique commune des droits de l'homme,
notamment
en ce qui concerne
le
droit humanitaire international;
n
l'adoption d'une structure juridique et financière pour le futur
CCR
qui
permette de cadrer ses actions;
n
le développement du partenariat avec toutes les compétences
utiles
et disponibles.
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L'association Voltaire
à Ferney a joué un rôle actif sur les plans lémanique,
départemental, régional et national dans l'acquisition du
château et la création du CCR (centre culturel de rencontre),
dont elle est membre de droit. Elle a donné naissance à une
fondation du même nom, créée sous l’égide de
la Fondation de France, qui a soutenu des actions du CCR en 2000 et 2001,
ainsi que divers projets voltairiens jusqu’à ce jour. En avançant
les présentes propositions, elle souhaite contribuer à recréer
les conditions propres à permettre au CCR et à ses partenaires
de relancer, dès que possible, des activités conformes au
projet initialement approuvé.
Pour cela, l’association a engagé
une réflexion collective avec le Centre international d'étude
du XVIIIème siècle, éditeur de nombreux ouvrages voltairiens,
la Société Voltaire, société savante internationale
et la Société d'histoire et d'archéologie du Pays
de Gex, qui rayonne sur le Pays de Gex et le bassin lémanique. Ces
trois associations, également soutenues par la fondation, ont pour
vocation naturelle de nouer un partenariat intellectuel fructueux avec
le CCR et le CMN (centre des monuments nationaux) dans les domaines de
la valorisation du patrimoine écrit et urbain voltairien et de la
recherche universitaire sur le philosophe et le XVIIIème siècle
dans un environnement fernèsien, gessien, lémanique et international.
Le présent document, issu de cette
réflexion, porte sur le projet culturel, ses modalités de
réalisation et l’adéquation de ses structures.
Son idée centrale est que le monument
à animer est moins le château que Voltaire lui-même,
qui l’a construit ainsi que le centre-ville.
Projet culturel
Le projet initial comporte trois piliers :
mémoire, accueil, création.
Lieu de mémoire
Ce premier pilier est le plus important,
dont découlent les deux autres.
Il serait souhaitable qu’il comporte un
engagement plus fort du CMN, ainsi qu’une clarification des missions et
des tâches qui lui reviennent dans la gestion et l'animation du site.
Ceci devrait permettre d’assurer, en toutes circonstances, une ouverture
régulière au public et l’organisation d’animations de base
(expositions permanentes et temporaires, présentation audiovisuelle,
vidéothèque voltairienne, manifestations diverses, etc.),
telles que les réalise le CMN dans les grands monuments qu’il gère.
Par ailleurs, il conviendrait de mettre
davantage l’accent sur trois dimensions essentielles du projet : la valorisation
du patrimoine écrit voltairien, celle du patrimoine urbain voltairien
et la défense des droits de l’homme.
Le patrimoine écrit voltairien devrait
faire l’objet d’une mise en valeur permanente : bibliothèque de
prêt avec salle de lecture, site informatique, organisation de rencontres
littéraires, culturelles, philosophiques et scientifiques adaptées
à différents publics. Le coût de telles actions est
modique. Leur faisabilité est aisée avec le concours des
associations voltairiennes précitées. Leur réalisation
progressive peut être décidée dès maintenant
dans le cadre du CMN et/ou de la commune, sans préjuger du futur
CCR. Le château est d’abord une résidence d’écrivain
qu’il serait souhaitable de relier au réseau national correspondant,
au moins localement et régionalement.
Le patrimoine urbain voltairien est déjà
valorisé par des promenades guidées dans Ferney et à
Genève, organisées par le CMN et des associations voltairiennes.
Il serait souhaitable de les développer en liaison avec l’office
de tourisme et d’étendre ce concept à celui de balades littéraires
sur les sites voltairiens du bassin lémanique, voire à d’autres
résidences d’écrivains (Rousseau à Genève et
Chambéry, Mme de Staël à Coppet).
Une action forte devrait être accomplie
en partenariat avec la commune pour mettre en valeur ce patrimoine à
Ferney : aménagement des abords du château, ouverture visuelle
sur la ville, signalétique urbaine des sites voltairiens, préservation
et rénovation des survivances voltairiennes du centre historique.
A terme, le château pourrait être le point d’orgue d’une ville
d’art et d’histoire.
La défense des droits de l’homme
a été une forte motivation de l’Etat dans l’acquisition du
château et la création du CCR. Le rôle primordial de
Voltaire et des encyclopédistes à cet égard en fait
un élément important du lieu de mémoire, tout particulièrement
en ce qui concerne le combat permanent de Voltaire contre l’injustice,
l’intolérance, le dogmatisme et le fanatisme. Ce combat est plus
actuel que jamais et devrait se traduire également dans le pilier
Création du CCR et dans la création d’un pilier spécifique.
Création
La création artistique, en particulier
dans le domaine du théâtre et des lectures de textes, doit
rester un élément de base de ce pilier. Il serait souhaitable
que cette création soit clairement centrée sur le théâtre,
les textes voltairiens et du XVIIIème, et les héritiers de
Voltaire notamment en matière de droits de l’homme.
La création littéraire et
philosophique doit y être renforcée, au-delà du seul
théâtre qui en représente l’aspect le plus coûteux.
En particulier, les visites d’auteurs pourraient y être développées
compte tenu de l’expérience acquise.
La création historique et scientifique
pourrait être aisément suscitée, en partenariat avec
les associations voltairiennes précitées.
Accueil
Ce troisième pilier du projet initial
est à la fois fondamental et difficile à concrétiser
dans le cadre du CCR.
L’accueil du public représente la
mission de base du CMN. Il vaut mieux lui en laisser la responsabilité,
sans alourdir le projet avec la gestion du site. Néanmoins, les
actions en milieu scolaire et lycéen, voire universitaire, devraient
être maintenues et développées en partenariat avec
la Communauté de communes du Pays de Gex et la Région Rhône-Alpes.
Par contre, l’accueil d’écrivains
en exil, ou même simplement d’écrivains résidents,
tiré de l’exemple de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon,
nécessiterait un investissement considérable pour adapter
le château à cet objectif. Un écrivain exilé
se trouve souvent mieux dans un logement banalisé en ville que dans
un bâtiment ouvert au public, pour des raisons de confidentialité
et de sécurité. Toutefois, cette autre solution, expérimentée
par la commune en partenariat avec la Région Rhône-Alpes et
le Parlement international des écrivains, se révèle
lourde et coûteuse. La faisabilité d’un tel dispositif pourrait
être étudiée dans le cadre du nouveau pilier Droits
de l’homme dont la constitution est suggérée.
Modalités et
structures
La réalisation de tout projet nécessite
une réflexion attentive sur ses modalités d’exécution
et ses structures de gestion.
Modalités
• L’ampleur du projet et le constat que
la configuration du monument et les moyens du CCR ne permettent pas de
tout faire au château débouchent sur un impératif :
le partenariat culturel.
Pour l’ensemble de ses activités,
tant dans le périmètre du château qu’au dehors, le
CCR doit s'ouvrir davantage sur l'extérieur et faire faire plus
que faire. Ceci d'abord avec la commune, les associations locales concernées,
ensuite avec les institutions lémaniques impliquées (institut
et musée Voltaire de Genève, haut commissariat des droits
de l'homme, HCR, OMPI, villes de Genève et Lausanne, etc.) et avec
des partenaires départementaux, régionaux, nationaux ou étrangers,
au-delà du seul théâtre (musique du XVIIIème
avec, aussi bien le centre culturel d'Ambronay que l'association de l'orgue
du temple de Ferney, par exemple).
En matière de théâtre,
on pourrait concevoir des conventions de partenariat ou des contrats ponctuels
avec des compagnies et metteurs en scène de la région et
d’ailleurs, en s’appuyant sur des compétences reconnues.
Ces partenariats à installer dans
la durée devraient permettre de renforcer les actions au château
comme à l'extérieur, en essaimant le rayon d'action du CCR.
• Le projet est vaste et touche à
tous les aspects de l'héritage voltairien. Il n'est donc pas possible
de vouloir tout faire simultanément, même en ouvrant le partenariat,
sauf à donner une image confuse et limitée des actions du
CCR.
Il faut donc définir des priorités,
ce qui revient aux partenaires financiers et au conseil d'administration
du CCR, s’appuyant sur un conseil consultatif de haut niveau chargé
de sélectionner les projets à forte valeur ajoutée
culturelle.
Structures
La structure de direction se doit d’être
collégiale. Elle devrait définir avec précision les
responsabilités du directeur, responsable unique devant le conseil
d’administration, ainsi que celles des responsables de chaque pilier :
mémoire (en liaison avec le CMN), création, droits de l’homme.
La coexistence passée d'un comité
de suivi et d'un conseil d'administration vide le conseil d'administration
de sa substance et cantonne les partenaires financiers dans un rôle
subalterne. Il faut constituer un conseil d'administration de plein exercice,
indépendant de la direction mais respectueux de ses prérogatives,
composé de membres disponibles.
La meilleure solution serait vraisemblablement
celle des nouveaux établissements publics à caractère
culturel. A défaut ou à titre transitoire, il conviendrait
de réintroduire les partenaires financiers au conseil d'administration,
en prenant les précautions nécessaires pour éviter
tout grief de gestion de fait, et en constituant un comité financier
qui les regrouperait autour du président du conseil.
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